2026-10-27

Le laboratoire suisse Giotto AI lance Giotto Alto et Giotto Solo, des modèles de raisonnement souverains revendiquant 100 % à l'AIME et 99,8 % à Math-500, avec Alto gratuit dans les applications et Solo exécutable sur un seul GPU

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Giotto AI a annoncé la famille de modèles Giotto, dévoilant Giotto Alto et Giotto Solo, « les modèles d'IA souveraine européens les plus intelligents du marché ». L'entreprise se présente comme « un laboratoire suisse avec un cœur européen » et affirme les avoir conçus « pour que l'Europe puisse exécuter une IA avancée selon ses propres conditions ». Les deux modèles sont utilisables sur cloud.giotto.ai.

Les deux modèles

  • Giotto Alto : le modèle phare, conçu pour le raisonnement avancé, gratuit pour tous et disponible sur l'App Store et Google Play. Il est hébergé sur une infrastructure cloud européenne, de sorte que les données des utilisateurs restent en Europe. Selon la presse, il fonctionne sur huit GPU B300.
  • Giotto Solo : le modèle le plus intelligent pouvant s'exécuter sur un seul GPU, afin que les organisations puissent conserver leur IA sur leur propre infrastructure. Selon la presse, le lancement propose plusieurs options de déploiement : un cloud partagé hébergé et exploité en Europe, un cloud dédié dans des environnements isolés au sein de centres de données partenaires en Suisse ou ailleurs en Europe, et une installation sur site via des intégrateurs partenaires. D'après les articles consacrés à la licence, celle-ci limite l'usage aux tests et évaluations non commerciaux et interdit la rétro-ingénierie ainsi que la publication de benchmarks sans accord écrit ; il ne s'agit donc pas de modèles à poids ouverts.

Les graphiques de benchmarks de Giotto

Deux tableaux de benchmarks de Giotto : Giotto Alto face à OpenAI, Anthropic, Google, Moonshot AI, Mistral et Kolibri sur AIME 2026, GPQA-Diamond, HLE et Math-500, et Giotto Solo face aux modèles ouverts de Google, OpenAI, Nvidia, DeepSeek et Mistral sur AIME 2025, AIME 2026, GPQA-Diamond, HLE et Math-500. Les tableaux de benchmarks de Giotto, extraits du fil de lancement.

Alto est comparé à des modèles de pointe. Il obtient 100,0 % à l'AIME 2026, à égalité avec GPT 5.5 (xhigh) et Claude Opus 4.8 (max) et devant Gemini 3.1 Pro preview (98,3 %), Kimi K3 (96,7 %) et Kolibri-1 d'Aleph Alpha (96,0 %), et 99,80 % à Math-500 contre 99,40 % pour GPT 5 (high) et 99,10 % pour Claude Sonnet 4. Il ne domine pas les benchmarks scientifiques plus difficiles : sur GPQA-Diamond, les 91,9 % d'Alto sont devancés par GPT 6 Astra (96,1 %), Gemini 3.8 Flash (95,3 %), Claude Fable 5.1 (93,7 %) et Kimi K3 (93,5 %), et à Humanity's Last Exam, ses 52,0 % restent derrière Claude Fable 5.1 (59,1 %) et GPT 6 Astra (54,7 %), tout en devançant Gemini 3.8 Flash (47,8 %), Kimi K3 (46,9 %), Mistral Large 4 (35,0 %) et Kolibri-1 (21,5 %).

Solo est comparé à des modèles ouverts de sa catégorie de taille et arrive en tête de toutes les lignes présentées : 100,0 % à l'AIME 2025 (Nemotron 3 Nano 30B-A3B 99,2 %, GPT-OSS-120B 97,9 %, Ministral 3 14B 85,0 %), 96,6 % à l'AIME 2026 contre 89,2 % pour Gemma 4 31B, 88,3 % sur GPQA-Diamond contre 84,3 % pour Gemma 4 31B et 80,1 % pour GPT-OSS-120B, 37,5 % à HLE contre 26,5 % pour Gemma 4 31B et 19,0 % pour GPT-OSS-120B, et 99,80 % à Math-500 contre 94,30 % pour R1-Distill-Qwen-32B.

Une Community Note jointe à la publication indique que le graphique présente des scores autodéclarés, comparés à des variantes précises d'autres modèles, et que les classements indépendants, à la fin octobre 2026, ne répertorient aucun Giotto et affichent des scores de tête différents sur l'AIME 2026, GPQA-Diamond et HLE. Plusieurs des modèles comparés sont plus anciens, comme GPT 5 et Claude Sonnet 4 sur Math-500.

Le manifeste

Giotto a aussi publié un manifeste, « pourquoi nous construisons une IA souveraine ». Son argument : à mesure que l'IA devient une infrastructure, « les conditions dans lesquelles nous pouvons l'utiliser compteront autant que ses capacités », et l'on peut accéder à une intelligence extraordinaire tout en perdant la capacité de décider où elle s'exécute, quelles informations on lui confie et si l'on peut l'emporter ailleurs. « Nous refusons d'accepter ce marché. »

Giotto affirme que l'Europe doit construire une alternative capable de rivaliser à l'échelle mondiale, et qu'« une adresse européenne déguisée en souveraineté ne suffit pas » : la souveraineté est « une liberté à exercer », c'est-à-dire un contrôle réel sur la technologie dont on dépend. Giotto se décrit comme « un modèle d'IA et un système d'exploitation pour rendre le raisonnement avancé efficace à exécuter sur l'infrastructure de votre choix », qui exige moins de calcul, d'énergie et d'infrastructure, et résume sa logique ainsi : « l'efficacité rend la portabilité possible ; la portabilité rend la souveraineté réelle ». Le texte se termine sur l'engagement de construire « pour les générations futures », en tenant compte de l'impact sur les personnes, les communautés et les ressources partagées, et sur cinq principes : puissant là où cela compte, efficace par conception, privé selon vos conditions, souverain par nature, et une intelligence que vous contrôlez.

Contexte

Giotto est basé à Lausanne, selon la presse spécialisée, et rejoint l'élan européen en faveur de l'IA souveraine, aux côtés notamment de Kolibri-1 d'Aleph Alpha, de Large 4 de Mistral et des futurs modèles de pointe d'OVHcloud.

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